L'asthme de l'enfant est une maladie chronique respiratoire qui dépend à la fois de facteurs génétiques et de l'environnement dans lequel l'enfant grandit. Une étude publiée par Santé publique France en juillet 2026 a croisé, commune par commune, les nouveaux cas d'asthme traités chez les enfants entre 2015 et 2021 avec plusieurs facteurs environnementaux.
Ses résultats dessinent une carte contrastée du territoire et confirment le rôle de la qualité de l'air, du climat et des pollens. Ils éclairent aussi les actions de prévention qui comptent pour les familles.
L'essentiel en bref
- 1 386 578 nouveaux cas d'asthme traités chez l'enfant ont été recensés en France entre 2015 et 2021.
- Le risque est plus élevé dans le Sud-Ouest, notamment le Tarn-et-Garonne, le Tarn et la Haute-Garonne.
- Dioxyde d'azote, proximité d'installations industrielles, froid, humidité, pollens et infections respiratoires sont associés à davantage de cas.
- L'étude montre des associations, sans pouvoir établir de lien de cause à effet.
Une étude nationale sur l'asthme de l'enfant
Les chercheurs de Santé publique France ont mené une étude de corrélation écologique : plutôt que de suivre des enfants un par un, elle compare des communes entre elles. Les cas d'asthme traités proviennent du Système national des données de santé (SNDS), et chaque commune a été décrite par des indicateurs d'exposition à des facteurs de risque connus, choisis à partir de la littérature scientifique.
Au total, 1 386 578 nouveaux cas d'asthme traités ont été détectés chez l'enfant en France entre 2015 et 2021, soit un taux d'incidence de 14,3 pour 1 000 enfants sur la période. Pour situer l'enjeu, l'Inserm indique que 10 à 16 % des enfants ont présenté des symptômes typiques d'asthme au cours des 12 derniers mois, d'après la cohorte Elfe.
Des différences marquées selon les territoires
L'étude met en évidence une hétérogénéité spatiale du risque d'asthme traité. Des zones de risque plus élevé apparaissent dans les départements du Sud-Ouest, notamment le Tarn-et-Garonne, le Tarn et la Haute-Garonne.
Les enfants vivant dans des communes situées à proximité d'un bassin industriel présentent également un surrisque d'asthme traité, comparés à ceux des communes qui en sont éloignées. Il est possible de consulter l'étude complète sur le site de Santé publique France.
Les facteurs environnementaux associés à l'asthme
Les analyses statistiques montrent une association positive entre l'incidence de l'asthme traité chez l'enfant et plusieurs caractéristiques des communes :
- la proximité d'une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) ;
- le niveau de pollution atmosphérique au dioxyde d'azote ;
- les températures basses et l'humidité ;
- les pollens ;
- certains facteurs obstétriques et périnataux, ainsi que les infections respiratoires aiguës.
Une étude à lire avec prudence
Les auteurs le soulignent : les résultats sont à considérer avec précaution, en raison des limites des bases de données utilisées et du principe même de l'étude, qui ne permet pas d'établir un lien causal entre une exposition et une maladie. Une association observée à l'échelle d'une commune ne dit pas ce qui se passe pour un enfant en particulier.
Autre enseignement, les niveaux communaux d'exposition aux pesticides n'étaient pas associés à l'incidence de l'asthme traité dans cette analyse. Santé publique France conclut à l'intérêt de ces approches pour croiser données sanitaires et environnementales dans des maladies complexes, dont les facteurs de risque sont souvent liés entre eux.
Ce que ces résultats changent pour les familles
Ces travaux rejoignent ce que l'Inserm décrit des facteurs de risque de l'asthme : allergènes, tabagisme actif ou passif, pollution de l'air extérieur et intérieur. Plusieurs leviers sont à la portée des familles : protéger les enfants de la fumée de tabac, limiter les sources de pollution intérieure comme certains produits d'entretien, et rester attentif aux allergènes du logement et aux pollens.
Pour jOOy, ces données renforcent un plaidoyer constant : le droit de chaque enfant à respirer un air sain, partout sur le territoire. Pour toute question sur l'asthme d'un enfant, le médecin traitant ou le pédiatre reste l'interlocuteur de référence ; en cas de crise sévère, appeler le 15.
Questions fréquentes
Combien d'enfants ont de l'asthme en France ?
Selon l'Inserm, 10 à 16 % des enfants ont présenté des symptômes typiques d'asthme au cours des 12 derniers mois, d'après la cohorte Elfe. Santé publique France a recensé 1 386 578 nouveaux cas d'asthme traités chez l'enfant entre 2015 et 2021.
Quels facteurs environnementaux favorisent l'asthme de l'enfant ?
Une étude de Santé publique France publiée en 2026 associe davantage de cas d'asthme traités chez l'enfant à la pollution au dioxyde d'azote, à la proximité d'installations industrielles, aux températures basses, à l'humidité, aux pollens et aux infections respiratoires aiguës.
Quelles régions sont les plus touchées par l'asthme de l'enfant ?
Entre 2015 et 2021, Santé publique France a observé des zones de risque plus élevé dans le Sud-Ouest, notamment le Tarn-et-Garonne, le Tarn et la Haute-Garonne. Ces résultats décrivent des associations et non des liens de cause à effet.
Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Pour toute question sur votre situation ou celle de votre enfant, parlez-en à votre médecin.
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Sources
- Étude des variations spatio-temporelles de l'asthme de l'enfant et de ses déterminants, en France de 2015 à 2021, Santé publique France (juillet 2026)
- Asthme, dossier d'information, Inserm