Le nirsévimab est un anticorps monoclonal administré aux nourrissons pour les protéger contre le virus respiratoire syncytial (VRS), principal responsable de la bronchiolite. Une étude française publiée le 21 juillet 2026 dans la revue *The Lancet Infectious Diseases* suggère qu'il pourrait aussi réduire le risque d'infection invasive à pneumocoque, comme les méningites et les septicémies.
Coordonnée par le service de pédiatrie de l'hôpital Robert-Debré (AP-HP), avec l'Inserm, Université Paris Cité et Université Sorbonne Paris Nord, cette recherche porte sur l'ensemble des bébés nés en France pendant un an. Elle tombe en pleine campagne de prévention de la bronchiolite 2026-2027.
L'essentiel en bref
- 527 971 nourrissons nés en France entre février 2023 et janvier 2024 ont été étudiés, dont 119 435 immunisés par nirsévimab.
- Sur six mois, 14,2 infections invasives à pneumocoque pour 100 000 bébés immunisés, contre 23,3 chez les non immunisés.
- Après ajustement, l'immunisation est associée à une réduction de 36 % du risque, qui persiste à neuf mois.
- La campagne de prévention de la bronchiolite se déroule du 14 septembre 2026 au 28 février 2027 dans l'Hexagone.
Une étude nationale sur le nirsévimab et le pneumocoque
Les équipes de la Dre Inès Fafi et du Pr Naïm Ouldali ont mené une étude observationnelle de cohorte à l'échelle du pays. Elles ont croisé les données du Système national des données de santé (SNDS) avec celles du Centre national de référence des pneumocoques.
L'analyse porte sur 527 971 nourrissons nés en France entre février 2023 et janvier 2024, première saison de la campagne d'immunisation contre le VRS. Parmi eux, 119 435 avaient reçu le nirsévimab. Une méthode statistique d'ajustement a permis de tenir compte des différences entre les deux groupes.
Des résultats encourageants
Sur un suivi de six mois, les chercheurs ont observé 14,2 infections invasives à pneumocoque pour 100 000 nourrissons immunisés, contre 23,3 pour 100 000 chez les nourrissons non immunisés. Après ajustement, l'immunisation est associée à une réduction de 36 % du risque. Ce bénéfice persiste lorsque le suivi est prolongé jusqu'à neuf mois.
Selon l'AP-HP, il s'agit des premières données à l'échelle d'une population nationale suggérant qu'une prévention dirigée contre le VRS peut aussi réduire ce risque. Les auteurs y voient une piste complémentaire aux vaccins contre le pneumocoque, et non un substitut.
Pourquoi le VRS et le pneumocoque seraient liés
Le pneumocoque (*Streptococcus pneumoniae*) est une bactérie responsable d'infections graves chez le jeune enfant, notamment des méningites et des septicémies. Selon l'Organisation mondiale de la santé, citée par l'AP-HP, les infections à pneumocoque sont une cause majeure de mortalité infantile dans le monde.
Des travaux récents suggèrent que l'infection par le VRS pourrait favoriser les infections à pneumocoque. En limitant les infections par le VRS, l'immunisation des bébés pourrait donc aussi réduire indirectement ce second risque. S'agissant d'une étude observationnelle, ces résultats décrivent une association : d'autres travaux permettront de mieux en comprendre les mécanismes.
Campagne bronchiolite 2026-2027 : ce que disent les autorités
Le ministère chargé de la santé présente deux stratégies alternatives pour protéger les nourrissons pendant la campagne, organisée du 14 septembre 2026 au 28 février 2027 dans l'Hexagone (avec des dates différentes en outre-mer) :
- la vaccination de la femme enceinte, entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée, pendant la période de campagne ;
- l'immunisation du bébé par un anticorps monoclonal, idéalement proposée avant la sortie de la maternité pour les bébés nés pendant la campagne.
- Dans la majorité des situations, il n'est pas nécessaire d'associer les deux. Ces protections réduisent surtout le risque de formes graves et ne préviennent pas toutes les bronchiolites : les gestes de prévention restent indispensables. Les parents peuvent consulter les questions-réponses officielles sur la bronchiolite et en parler avec leur médecin ou leur sage-femme.
Une recherche utile aux familles
Pour les parents, cette étude apporte un éclairage supplémentaire sur l'intérêt de la prévention de la bronchiolite. Elle ne modifie pas, à ce stade, les recommandations officielles, qui restent la référence.
Le choix de la protection la plus adaptée se discute avec un professionnel de santé. En cas de signes de gravité chez un nourrisson, comme une difficulté importante à respirer, appeler le 15.
Questions fréquentes
Le nirsévimab protège-t-il contre le pneumocoque ?
Une étude française publiée en juillet 2026 dans The Lancet Infectious Diseases associe l'immunisation des nourrissons par nirsévimab à une réduction de 36 % du risque d'infection invasive à pneumocoque, après ajustement. Il s'agit d'une étude observationnelle : elle montre une association et vient en complément des vaccins contre le pneumocoque, sans les remplacer.
Combien de bébés ont été étudiés dans l'étude sur le nirsévimab et le pneumocoque ?
L'étude a porté sur 527 971 nourrissons nés en France entre février 2023 et janvier 2024, dont 119 435 immunisés par nirsévimab. Les données proviennent du Système national des données de santé et du Centre national de référence des pneumocoques.
Quand a lieu la campagne de prévention de la bronchiolite 2026-2027 ?
Dans l'Hexagone, la campagne se déroule du 14 septembre 2026 au 28 février 2027, avec des dates différentes en outre-mer. Elle repose sur deux stratégies alternatives : la vaccination de la femme enceinte entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée, ou l'immunisation du bébé par anticorps monoclonal.
Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Pour toute question sur votre situation ou celle de votre enfant, parlez-en à votre médecin.
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À lire aussi
Sources
- Une étude ouvre une nouvelle voie pour prévenir les infections graves du nourrisson, Université Paris Cité
- Prévention des infections graves du nourrisson : une étude coordonnée par l'AP-HP ouvre une nouvelle piste, AP-HP
- La bronchiolite : questions/réponses en direction des parents, Santé.fr (ministère chargé de la santé)