La qualité de l'air intérieur désigne l'air que nous respirons dans les espaces clos : logement, bureau, mais aussi salle de classe et crèche. Le ministère de la Transition écologique rappelle que nous passons en moyenne 85 % de notre temps dans des lieux fermés. Pour les enfants, l'école et la crèche comptent parmi les premiers d'entre eux.
Depuis le 1er janvier 2023, une surveillance renforcée s'applique aux établissements qui accueillent des enfants, avec une mesure régulière du dioxyde de carbone (CO2). Voici ce que prévoit la réglementation, pourquoi le CO2 est un bon indicateur et comment parents et équipes peuvent agir ensemble pendant l'hiver, quand les fenêtres restent fermées.
L'essentiel en bref
- Crèches, écoles, collèges, lycées et accueils de loisirs sont concernés par la surveillance de la qualité de l'air intérieur.
- Depuis 2023 : évaluation annuelle des moyens d'aération avec mesure du CO2, autodiagnostic au moins tous les 4 ans et plan d'actions.
- Un taux de CO2 élevé signale un air mal renouvelé, où polluants et virus se diluent moins bien.
- Aérer les salles avant l'arrivée des enfants, aux récréations et après le nettoyage reste le geste clé.
Qualité de l'air intérieur à l'école : quels établissements sont concernés ?
La loi Grenelle II de 2010 a rendu obligatoire la surveillance de la qualité de l'air intérieur dans certains établissements recevant un public sensible. Selon le ministère de la Transition écologique et le Cerema, le dispositif révisé concerne depuis le 1er janvier 2023 les structures d'accueil collectif d'enfants de moins de 6 ans (crèches, haltes-garderies), les écoles maternelles et élémentaires, les collèges et lycées ainsi que les accueils de loisirs.
Depuis le 1er janvier 2025, le périmètre s'étend aussi à certaines structures sociales et médico-sociales et aux établissements pénitentiaires recevant des mineurs.
Ce que prévoit la réglementation depuis 2023
Le dispositif repose sur quatre étapes, décrites par le ministère de la Transition écologique et le Cerema :
- une évaluation annuelle des moyens d'aération, avec une mesure à lecture directe du CO2 dans l'air intérieur ;
- un autodiagnostic de la qualité de l'air intérieur, à réaliser ou mettre à jour au moins tous les 4 ans ;
- une campagne de mesures des polluants réglementés par un organisme accrédité, à chaque étape clé de la vie du bâtiment, comme des travaux importants ;
- un plan d'actions qui s'appuie sur les résultats des trois étapes précédentes.
Pourquoi mesurer le CO2 dans les classes ?
Le CO2 est rejeté par la respiration des occupants. Sa mesure permet de vérifier que l'air est bien renouvelé, ce qui aide à diluer les polluants et les agents infectieux présents dans l'air, souligne le ministère de la Transition écologique. Une hausse du CO2 est aussi associée à une baisse des performances cognitives.
Dans ses repères pour l'aération des espaces scolaires, le ministère de l'Éducation nationale indique un niveau d'environ 400 ppm à l'extérieur et considère qu'au-delà de 800 ppm, l'aération d'une salle est insuffisante. Un capteur de CO2 aide les équipes à savoir quand ouvrir les fenêtres.
Les bons gestes d'aération en classe et à la crèche
Les repères du ministère de l'Éducation nationale proposent un rythme simple, facile à adapter à la crèche comme à la maison :
- aérer au moins 15 minutes le matin avant l'arrivée des enfants ;
- ouvrir les fenêtres à chaque récréation, au déjeuner et le soir lors du nettoyage ;
- aérer quelques minutes au minimum toutes les heures pendant la journée ;
- vérifier que la ventilation mécanique, quand elle existe, fonctionne et est entretenue.
Parents d'enfants fragiles des bronches : comment agir ?
Pour un enfant asthmatique ou souvent malade l'hiver, un air bien renouvelé fait partie d'un environnement plus sain. Les parents peuvent en parler lors des conseils d'école ou de crèche, demander si l'évaluation annuelle de l'aération a été réalisée et s'intéresser au plan d'actions de l'établissement. Pour un enfant qui a un projet d'accueil individualisé, c'est aussi un sujet à évoquer avec l'équipe et le médecin.
Pour comprendre le dispositif et ses obligations, il est possible de consulter la page officielle sur la qualité de l'air intérieur du ministère de la Transition écologique. En cas de gêne respiratoire chez l'enfant, le médecin traitant reste l'interlocuteur de référence, et en cas de signes de gravité, il faut appeler le 15.
Questions fréquentes
La mesure du CO2 est-elle obligatoire dans les écoles ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2023, les crèches, écoles, collèges, lycées et accueils de loisirs doivent réaliser chaque année une évaluation des moyens d'aération, qui comprend une mesure à lecture directe du CO2 dans l'air intérieur. Un autodiagnostic au moins tous les 4 ans et un plan d'actions complètent le dispositif.
Quel taux de CO2 dans une salle de classe ?
Selon les repères du ministère de l'Éducation nationale, l'air extérieur contient environ 400 ppm de CO2. Au-delà de 800 ppm dans une salle de classe, l'aération est jugée insuffisante et il faut ouvrir les fenêtres pour renouveler l'air.
Combien de temps aérer une salle de classe ?
Le ministère de l'Éducation nationale recommande d'aérer au moins 15 minutes le matin avant l'arrivée des élèves, à chaque récréation, au déjeuner et le soir lors du nettoyage, ainsi que quelques minutes au minimum toutes les heures.
Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Pour toute question sur votre situation ou celle de votre enfant, parlez-en à votre médecin.
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À lire aussi
Sources
- Qualité de l'air intérieur, Ministère de la Transition écologique
- Réglementation qualité de l'air intérieur dans les établissements recevant du public : le dispositif entré en vigueur au 1er janvier 2023, Cerema
- Repères pour l'aération et la ventilation des espaces scolaires, Ministère de l'Éducation nationale