Les bougies parfumées et l'encens sont des désodorisants à combustion : en brûlant, ils libèrent dans l'air intérieur des polluants comme le benzène, le formaldéhyde, l'acroléine, les oxydes d'azote et des particules fines. Santé.fr, dans une fiche RecoSanté mise à jour en 2026, identifie le benzène et les particules fines comme les plus préoccupants.
Avec l'automne, les soirées cocooning et les fenêtres fermées, ces produits sont plus souvent allumés. Pas question de dramatiser un usage occasionnel, mais les enfants, les femmes enceintes et les personnes atteintes d'une maladie respiratoire font partie des publics sensibles. Voici ce que montrent les études et les gestes simples à adopter.
L'essentiel en bref
- En brûlant, bougies et encens émettent benzène, formaldéhyde, acroléine, oxydes d'azote et particules fines.
- L'encens émet davantage que les bougies, mais les polluants des bougies restent plus longtemps dans l'air.
- Les personnes sensibles, dont les enfants et les personnes atteintes de pathologies respiratoires, doivent éviter d'y être exposées.
- Aérer au moins 10 minutes après utilisation et limiter la fréquence sont les deux gestes clés.
Ce que libèrent bougies et encens dans l'air intérieur
Selon Santé.fr, les concentrations de polluants augmentent pendant la combustion, atteignent un maximum dans l'heure qui suit, puis diminuent grâce à la ventilation. Les bougies émettent moins que l'encens, mais leurs polluants persistent plus longtemps dans l'air de la pièce.
L'étude EBENE, cofinancée par l'ADEME et menée par le CSTB, le LCE et l'Ineris, a mesuré en conditions réalistes les émissions de neuf encens et neuf bougies parfumées dans une chambre expérimentale de 32 m³. Les encens se sont révélés les plus émetteurs de benzène et de particules fines. Pour les bougies, le formaldéhyde, l'acétaldéhyde et le toluène étaient les principaux composés mesurés.
Quels effets sur la santé respiratoire ?
Les premiers effets décrits par Santé.fr sont des irritations respiratoires et oculaires, des maux de tête et des nausées. Le benzène et le formaldéhyde sont par ailleurs classés cancérogènes par le Centre international de recherche sur le cancer.
Les effets dépendent de la fréquence d'utilisation, du volume de la pièce et du renouvellement de l'air. L'évaluation des risques de l'étude EBENE conclut qu'aucune situation préoccupante n'est attendue pour les usages courants, mais qu'un usage fréquent ou prolongé, plusieurs produits allumés en même temps ou une pièce mal ventilée peuvent conduire à dépasser les valeurs repères, surtout avec l'encens.
Enfants et maladies respiratoires : des publics sensibles
Santé.fr recommande d'éviter la présence de personnes sensibles lors de l'utilisation : personnes atteintes de pathologies respiratoires, femmes enceintes, enfants et personnes âgées. Pour un enfant asthmatique ou fragile des bronches, la fumée et les particules peuvent irriter des voies respiratoires déjà réactives.
Dans un foyer concerné, le plus simple est de réserver ces produits aux moments où l'enfant n'est pas dans la pièce, ou de s'en passer. En cas de gêne respiratoire chez l'enfant, le médecin traitant reste l'interlocuteur de référence, et en cas de signes de gravité, il faut appeler le 15.
Les bons gestes recommandés
Les recommandations de Santé.fr, validées par le Haut Conseil de la santé publique et Santé publique France, sont faciles à appliquer :
- aérer au moins 10 minutes en ouvrant grand les fenêtres après chaque utilisation ;
- limiter la fréquence et ne pas brûler plusieurs produits en même temps ;
- ne pas respirer directement la fumée ;
- pour l'encens, choisir le format qui contient le moins de matière, un bâtonnet fin plutôt qu'un cône ;
- privilégier l'aération naturelle, le moyen le plus efficace contre les mauvaises odeurs.
Une odeur agréable n'est pas un air sain
Un parfum d'ambiance masque les odeurs sans assainir l'air. L'étude EBENE note aussi que le format compte : cônes et sticks, qui brûlent plus vite, émettent nettement plus que les bâtons, et un briquet est préférable aux allumettes, qui ajoutent des particules.
Pour vérifier ces repères, il est possible de lire la fiche officielle sur les bougies et l'encens sur Santé.fr. Un air intérieur sain repose d'abord sur une aération quotidienne et des sources de pollution limitées.
Questions fréquentes
Les bougies parfumées sont-elles dangereuses pour la santé ?
En brûlant, les bougies parfumées émettent des polluants comme le formaldéhyde, l'acétaldéhyde, des oxydes d'azote et des particules fines. Pour un usage courant, l'étude EBENE ne prévoit pas de situation préoccupante, mais un usage fréquent, dans une pièce mal ventilée, augmente l'exposition. Il est recommandé d'aérer au moins 10 minutes après utilisation.
L'encens est-il plus polluant que les bougies ?
Oui. Selon Santé.fr et l'étude EBENE, l'encens émet davantage de polluants que les bougies, en particulier du benzène et des particules fines. Les polluants des bougies restent toutefois plus longtemps dans l'air. Pour l'encens, un bâtonnet fin émet moins qu'un cône.
Faut-il éviter l'encens avec un enfant asthmatique à la maison ?
Santé.fr recommande d'éviter la présence des personnes sensibles, dont les enfants et les personnes atteintes de pathologies respiratoires, pendant l'utilisation de bougies ou d'encens. Il est préférable de les utiliser en l'absence de l'enfant, rarement, puis d'aérer au moins 10 minutes.
Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Pour toute question sur votre situation ou celle de votre enfant, parlez-en à votre médecin.
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Sources
- Les bougies et l'encens dégradent-ils la qualité de l'air intérieur ?, Santé.fr (RecoSanté)
- Étude EBENE : exposition aux polluants émis par les bougies et les encens dans les environnements intérieurs, ADEME, CSTB, LCE, Ineris