Air intérieur

Purificateur d'air : ce que disent l'Anses et l'ADEME avant d'en acheter un pour la maison

Purificateur d'air : l'Anses et l'ADEME n'ont pas démontré l'efficacité de plusieurs techniques en conditions réelles. Les gestes qui comptent pour les enfants.

Publié le Par l'association jOOy4 min de lecture

Un purificateur d'air, ou épurateur d'air, est un appareil vendu pour réduire les polluants, les odeurs ou les microbes présents dans l'air d'une pièce. Avec l'arrivée du froid et des fenêtres plus souvent fermées, ces appareils attirent de nombreuses familles, en particulier celles dont un enfant est asthmatique ou allergique.

Les autorités sanitaires appellent pourtant à la prudence. L'Anses et l'ADEME ont examiné plusieurs techniques d'épuration et concluent que leur efficacité et leur innocuité ne sont pas démontrées en conditions réelles d'utilisation. Leur message est clair : réduire les sources de pollution et aérer passent avant tout appareil.

L'essentiel en bref

Purificateur d'air : ce qu'a conclu l'Anses

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a passé en revue les données scientifiques sur les épurateurs d'air intérieur fondés sur cinq techniques : la photocatalyse, la catalyse, le plasma, la génération d'ozone et l'ionisation. Sa conclusion : les données recueillies ne permettent pas de démontrer l'efficacité et l'innocuité de ces dispositifs dans les conditions réelles d'utilisation.

L'agence souligne un risque précis : une dégradation incomplète des polluants peut générer des composés potentiellement plus nocifs que ceux traités. Elle cite en particulier les appareils qui produisent de l'ozone et ceux à plasma froid, et évoque des émissions de nanoparticules possibles avec le vieillissement des matériaux photocatalytiques. Elle recommande d'informer le public de ces risques et de certifier les appareils avec des essais proches de l'usage réel.

5techniques d'épuration évaluées par l'Anses, sans preuve d'efficacité ni d'innocuité en conditions réelles

L'avis de l'ADEME sur la photocatalyse

L'Agence de la transition écologique (ADEME) est arrivée à une conclusion proche pour la photocatalyse : certains appareils testés en laboratoire se sont montrés efficaces et sans danger, mais il n'est pas possible d'assurer leur efficacité et leur innocuité dans toutes les conditions réelles. Elle rappelle que la décomposition de solvants peut produire des aldéhydes, dont le formaldéhyde, un cancérogène reconnu pour l'être humain.

Pour l'ADEME, l'épuration de l'air doit rester limitée à des actions ponctuelles, en complément de la réduction des sources de pollution et de la ventilation, jamais en substitut. Si un appareil est malgré tout acheté, elle conseille de choisir un modèle conforme aux normes et de respecter strictement les consignes d'entretien.

Enfants asthmatiques : un point de vigilance

L'Anses attire l'attention sur les personnes asthmatiques, dont l'état peut s'aggraver avec certains appareils ou certains sprays présentés comme assainissants. Plusieurs de ces produits émettent des composés organiques volatils, comme des terpènes, potentiellement nocifs par inhalation.

Pour un enfant asthmatique ou allergique, le choix d'un équipement mérite d'en parler avec le médecin qui le suit. L'Assurance maladie rappelle aussi qu'un conseiller médical en environnement intérieur peut venir au domicile après un bilan allergologique, pour repérer les sources d'allergènes et de polluants. La visite est gratuite lorsque ce conseiller est rattaché à une structure officielle, comme une association, un hôpital ou un service d'hygiène de la ville.

Les gestes qui améliorent vraiment l'air de la maison

L'Anses comme l'ADEME placent en premier la limitation des émissions à la source et le renouvellement de l'air. L'Assurance maladie détaille des gestes simples pour les familles concernées par l'asthme allergique, qu'il est possible de retrouver sur ameli.fr :

Ce que retient jOOy

Un appareil ne remplace pas une fenêtre ouverte quelques minutes, ni la réduction des sources de pollution comme la fumée de tabac ou les sprays présentés comme assainissants. Pour les familles d'enfants fragiles des bronches, le meilleur investissement reste souvent le plus simple : aérer, ventiler, limiter les sources. Pour toute question sur la santé d'un enfant, le médecin reste la référence.

Questions fréquentes

Les purificateurs d'air sont-ils efficaces ?

Selon l'Anses, les données disponibles ne permettent pas de démontrer l'efficacité et l'innocuité en conditions réelles des épurateurs d'air fondés sur la photocatalyse, la catalyse, le plasma, la génération d'ozone ou l'ionisation. L'ADEME juge que l'épuration ne peut être qu'un complément à l'aération et à la réduction des sources de pollution.

Un purificateur d'air peut-il être dangereux ?

Oui, dans certains cas. L'Anses indique qu'une dégradation incomplète des polluants peut produire des composés plus nocifs que ceux traités, notamment avec les appareils générant de l'ozone ou à plasma froid. L'ADEME signale que la décomposition de solvants peut produire du formaldéhyde. L'Anses appelle à la vigilance pour les personnes asthmatiques.

Comment améliorer l'air intérieur quand un enfant est asthmatique ?

L'Assurance maladie recommande d'aérer toutes les pièces chaque jour, de ne pas boucher les aérations, d'évacuer l'humidité après la douche et la cuisson, de dépoussiérer avec un chiffon humide et de laver la literie à plus de 55 °C. Un conseiller médical en environnement intérieur peut aussi intervenir au domicile après un bilan allergologique.

Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Pour toute question sur votre situation ou celle de votre enfant, parlez-en à votre médecin.

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Sources